L'Outsider!
Errant sur les 7 mers du Turf, l'Imperdabe, démâté et les voiles en lambeau, est à la dérive.
"Le Capitaine est parti et les marins se sont emparés du bateau." C'est le titre d'un Roman de Charles Bukowski.
Mes chers marins, nous sommes de retour aux affaires. Je vais tâcher de vous faire un résumé concis des mois précédents, qui ont été pour moi riches en évènements. Il ya pile quatre ans que j'ai commencé ce blog. A l'époque je perdais aux courses. Je n'ai jamais eu un sou devant moi, mais dix ou douze ans de Turf m'avait mis à poil. En slip pour être précis, car il faut rester digne même si j'ai de belles fesses. J'avais besoin de faire sortir toutes les frustrations que m'occasionnaient les courses hippiques. Il m'arrivait de gagner, même bien parfois. Deux jours après je perdais le double.
Les rencontres que j'ai pu faire ici m'ont ouvert les yeux. Les amis des premières heures m'ont épaulés, rassurés. Roger, Pascalou, Sermar, Nezguich et les autres.
Mais je me déchirais toujours. Et puis il y a eu cette idée folle: achetons un cheval! On s'en fout qu'il soit bon, juste qu'il puisse faire une arrivée le jour qu'on aurait choisi, et on mettrait des brouettes de talbins. Tout le monde s'est dit très interessé. Mais quand je me suis retourné pour voir qui montait à l'abordage avec moi, il n'y avait plus que Bobby. Il m'a dit:" Feu la guerre, Capitaine?". Et j'ai dit oui. Gaspard et Hypo étaient là, il m'ont dit:" Casquer on peut pas, on mange deja que des pâtes, mais on veut bien te filmer en train de faire le con."
J'ai redit oui. Cette aventure a duré deux ans. Nous avons sillonné la France en tous sens, rencontré les acteurs du monde des courses, connu des joies infinies, et perdu notre ami le plus cher. Le film, cette comédie que l'on voulait légère, est devenu un drame pesant. Mais qu'importe, cette histoire a été vécue, et mérite d'être racontée.
Brièvement, le personnage principal, votre serviteur, est un gros looser qui décide de passer proprio. Seulement pas de chance, le courtier Jean Pierre Onfroy est véreux, il part avec l'argent que Bobby et moi même lui avons confié.
Mon fils de 10 ans (vous le verrez, il me sert un whisky à un moment) a dit:" Au début on dirait un film de vacances, et ensuite ça devient un film de cinéma.". Je suis d'accord, et même j'éspère que ce soit comme ça.
L'Outsider, c'est moi, c'est nous, c'est aussi ce projet démarré sans l'ombre d'un financement (cinq mille balles du CNC je crois), qui va venir titiller une certaine comédie populaire, que je n'irais pas voir et que donc à ce titre je ne me permettrai pas de juger, sinon en disant que ça à l'air bien naze.
Slipman l'impudique, donc, vous invite à regarder, ce soir sur Arté un peu avant minuit, le film "l'Outsider", réalisé par Gaspard Hirschi et Emmanuel Lautréamont, sous la houlette de Basile Carré-Agostini.
Bon film...