Le Luxembourg, c'est l'Amérique!
"C'est moche les courses!"
C'est la réflexion que je me faisais l'autre jour, au "Bar du Rocher", près de chez moi.
Je voyais tous les gogos en bleu de chauffe, mes camarades, en train de se ruiner à la vitesse de 20 euros de l'heure, et je me disais: "Quel gachis de temps et d'énergie".
Je les regardais faire, en train de jouer n'importe quoi, n'importe comment, avec juste la page prono du journal, même pas celle des performances.
Et puis j'ai pensé aux gens de cheval, ceux qui ne gagnent jamais, qui ne sont pas très connus, ceux qui ne s'appellent pas Untel et Unautre (déja que BR Foulon veut me casser la gueule, je vais pas en rajouter). Des gens pour qui le dernier kilomètre est le plus long, qui sont toujours tristes au poteau.
Comme je pensais encore, parceque c'était mon jour de repos, j'ai pensé aussi à cette folie d'argent, à ces courses à 100 000 euros, à 500 000 euros, à la tirelire à 1 million avec son numéro bonus, à cette prolifération de réunions, 2, 3, 4, même la nuit bientôt.
Et je me suis redis: "c'est moche les courses!".
J'ai mis 200 gagnant sur Sagamix Boy et autant sur Leading Lantern à Borély, et je suis rentré chez moi.
Sagamix Boy a perdu, Leading Lantern a gagné à un euro cinquante.
Oui mais voilà, en vérifiant mon ticket je me suis aperçu qu'Evelyne, la patronne du "Rocher", qui me surnomme "chaud-bouillant", s'était gourrée de réunion!
Je suis retourné au Rocher pour qu'elle me paie un verre pour se faire pardonner. On a passé le ticket pour voir et il était gagnant. Elle m'avait fait toucher par erreur un quatre contre un, Sial de je ne sais pas quoi, monté Verva, dans la course de Sagamix. Du coup j'ai payé le Champagne et c'était la fête. Un type a gratté un "goal" et a gagné cinquante balles.
J'ai dit: "quel beau spectacle, les courses! Quels animaux magnifiques, les chevaux! Quelles belles couleurs, les casaques, et quelle sensation, quand le peloton sort du dernier virage!
J'ai pensé: "Quelle joie d'éplucher le Turf, de cliquer partout sur Geny, de mater les redif's sur Equidia Vidéo, même si payant c'est trop cher. Et quelle joie de trouver le bon cheval, le jockey en forme ou l'entaîneur au sommet de son art."
Mais surtout quelle joie de voir des champions.
Parce que c'est rare, les champions. C'est précieux. Alors dimanche, je vais regarder le Prix d'Amérique, mais pour moi, la belle course, ce sera le Prix du Luxembourg.
Parce que le champion en ce moment, c'est Rapid Lebel.
Parce que les courses, plus que tout, c'est du rêve.
Un rêve de parieur qui veut toucher gros,un rêve de propriétaire qui veut un champion, un rêve d'entaîneur qui veut rentrer dans la légende. Parfois, cette fois, tout cela.
Et parce que rêver est ce qu'il y a de plus beau, je dis:
"C'est beau les courses!".


