Les parieurs aux 25 mètres!
Au trot, pour égaliser les chances des chevaux dans une course, les plus riches, ceux qui ont gagné le plus d'argent, doivent partir 25 mètres derrière les autres. Dans certaines courses on peut même rendre jusqu'à 50 mètres. Dans les courses de galop, on rajoute du poids aux chevaux prétendus plus forts, c'est le système du handicap.
Vous qui finissez de brûler votre Codevi sur PMU.fr savez ça mieux que moi. Ce système sert aux professionnels (il faut bien que tout le monde vive), et est admis de tous, même si la formule de la surcharge pondérale (salut Vénérable!) ouvre la porte à des malversations, les entraîneurs "jouant" avec le handicapeur pour faire baissser le poids porté par le cheval. Comment? En faisant mal courir le cheval, qui ainsi baissera en valeur et sera allégé la fois suivante. Le parieur que je suis rêve de chevaux imbattables, de toucher 1.10 à la place tous les dimanches.Et z'en faites pas pour la cote, je m'organiserai. Surtout qu'il y en aura toujours pour jouer contre.
Pour ce qui est du rendement de distance, on pourrait imaginer son abolition. Tout le monde au même poteau, et que le meilleur gagne. Pour le parieur, grosse simplification, moins d'aléas de parcours, il suffirait juste de savoir qui part bien. Un coup de comparaison de chrono et multi 4 en champ par 20 euros siouplaît.
Mais si les courses ça devenait facile, si on ferrait tous les chevaux pareil, si on leur mettait le même sulky, si on les pesait, et le bonhomme aussi, eh bien le truc coulerait. On aurait une course ou deux remboursée chaque jour, et Philippe (littéralement "qui aime les chevaux", mais "Colombophile" aurait fait l'affaire) Germond mettrait la clef sous la porte. En plus je suis sûr qu'il aime mieux le Poker, mais je spécule...
Bon, j'arrête de vous mettre des parenthèses dans toutes les phrases, vous allez pèter un anevrysme cérébral et jouer un Bazire pas déférré.
Comme d'habitude, je rêve.
Hier j'étais à Vincennes. Des courses superbes. Le spectacle est toujours au top. Mais le décor a un peu changé. Les nouveaux "graviers" sont en gomme, comme au jardin d'enfants. Petit coup de peinture sur l'hippodrome, comme on nous a dit sur Equidia. On améliore le confort des spectateurs. Louable dessein. Mon statut d'éminence grise, quoiqu'un peu noir, et un peu de relations me permettent de rentrer du côté VIP. Moi qui m'étais juré, après le passage de Guy Lux, de n'y entrer que propriétaire, ai un peu rogné mon serment. C'était avant et je ne suis plus à un renoncement. Ma fille, qui m'accompagnait pour la première fois de ce côté, n'en revenait pas. Je lui ai fait faire un tour des écuries, dribblant "Moumoute" dans la roue de Gilles Barbarin, déjeuner à la buvette des jockeys, et prendre le dessert au Privilège. Et puis pour finir, parcequ'il faut toujours retourner aux racines, j'ai voulu lui faire voir le "côté parieur". Et là, j'ai vu cette horreur...
Déja que de ce côté tu n'es pas en face du poteau, le côté proprio a fait une extension enclosant les dix marches les mieux placées. Comme ça on mettra plus de "riches" les jours de fête, et les "pauvres" auront cet espace vide et inaccessible tout le reste de l'année, histoire qu'il comprennent bien où est leur place. Adjoignez à ça que l'accés au côté parieur reste payant, au contraire du côté VIP. Merci au cheval français ou à je ne sais qui de ne pas nous faire oublier la lutte des classes, en cette rentrée sur fond de crise.
Pour ma part, la prochaine fois que je serais côté peuple, j'enjamberai la balustrade. Un jour de fête.

