Peut être est-ce à cause du chien qui regarde...
En ce moment, sur mon téléviseur définitivement bloqué sur le canal 141 de la freebox, passe et repasse un spot publicitaire nous contant les affres d'un quadragénaire. Le pauvre homme cherche les causes de sa mollesse dans la crise financière, le plat du soir ou l'oeil du chien (un Saint Bernard?). Cet homme, nous ne sommes pas dupes, est un turfiste. Cet homme, nous dit la pub, c'est nous. Nous tout mous, atones, décrepits et déconfits, rongés par le doute aux côtés d'une femme superbe que nous ne comblons plus.
Pourtant, nous nous revoyons encore altiers et entiers, pas l'ombre d'un hongre. L'age n'avait pas de prise sur nous, nous étions des seigneurs, nous faisions fondre les cotes et touchions à coup sûr.
Ce week end fut pour moi une catastrophe financière, par ma faute, et par la faute d'autres qui, j'ai trouvé, n'ont pas vraiment joué le jeu.
A tout seigneurs tous honneurs, les deux champions de samedi, à savoir Questarabad et Le Tranquille, partis respectivement à 1,40 et 1,30, ont bien ruiné tout le monde. Il y avait un doute, ce n'était pas la belle course, et les esprits avisés se seront méfiés. Cependant, on aurait aimé plus de réserve de la part des entourages et des journalistes, au lieu de ce stupide enflammage qui se solde par des montes ridicules à l'arrière garde, des sauts médiocres et des jockeys qui se disent satisfaits de ne pas avoir donné une course dure. Et tout le monde de boire la tasse.
Encore plus drôle, Jean Etienne D., samedi à Caen, qui part favori à 2/1 sur un cheval sans doute déclassé, mené dernier le long du rail, qui ne fait que la ligne droite et finit quatrième. La méthode D., et patati et patata. Mais attendez: course suivante, à réclamer, revoilà notre Jean Etienne au sulky d'une pouliche qui reste sur 5 disqualifications en 5 courses. Cette fois on la mène devant et méchant, et on gagne arrêté à 9,40. A cette cote, les amis de la famille ont dû se gaver. Et le pompon pour Jean Et', c'est qu' Augustin Normand a réclamé cette pouliche pour plus de 23 000 euros, qui était le taux des chevaux qui partait 25m derrière elle. Elle part chez Guara, on la reverra. Qui c'est qui régale? C'est le parieur!
Pour finir de rire jaune, cet aprèm' à Lyon. Pousseur, c'est un metier, et ceux de Paris, derrière le gros Stéphane, sont épatants et font le spectacle. Je n'en dirait pas autant des infirmes qui font ça à Lyon. Dans la troisième, onze poulains dont certains inédits, s'affrontent. Mon préféré, un certain Truque, a tiré le 2 dans les boîtes. Il rentre en premier. Seulement les pousseurs sont lents et gauches, mettent près de 5 mns à rentrer les autres, notamment les deux derniers. Le mien s'énerve, et au moment de l'ouverture des stalles, il se met carrément en travers, d'avoir tant attendu. Les deux derniers rentrés font la course en tête et font premier et deuxième. Laissez, c'est ma tournée.
Je me permets de rapeller aux instances, s'il y en a, que nous ne sommes pas aveugles. Pour ma part, je n'ai pas mis un sou de plus cet aprèm, et je ne joue plus Auteuil et Jean Etienne.
Alors franchement, de se sentir floué de la sorte, de finalement se dire que nous serons toujours les dindons de la farce, oui, il y a de quoi dépérir.
Mais peut être est-ce à cause du chien qui regarde...
Un beau dessin d'Elinor, 10 ans, pour consoler son Papa qui pestait devant la télé.
